10 octobre 2014 ~ 0 Commentaire

Groupe Hersant Medias : De Robert à Philippe, de l’empire à la chute

En désespoir de cause...

La crise de la presse, certes, mais pas que… Petit historique récapitulatif et rectificatif du groupe Hersant Medias… Ou pourquoi nous en sommes arrivés là où nous en sommes, c’est-à-dire à la cessation de paiement !

La chute de la maison Hersant se poursuit, cette fois outre-mer, au coeur de ce qui fut la naissance du groupe « France Antilles » (devenu ensuite GHM). Le 30 septembre, le quotidien « France Antilles Martinique » a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Fort-de-France. Cette mesure, qui concerne aussi la Guyane, se traduit par la nomination d’un administrateur judiciaire et une période d’observation de six mois. Pour les salariés, c’est la perspective d’un plan social pour 50 personnes ou plus, sur les 200 que compte l’entreprise… Le Syndicat national des journalistes (SNJ), auquel est affiliée une partie des journalistes  de FA a rédigé le 1er octobre 2014 un communiqué qui résume parfaitement l’historique de l’entreprise.

Beaucoup d’argent public

« Quand on sait que les Antilles ont longtemps repésenté une rente sans souci pour les héritiers du “papivore” Robert Hersant, on mesure à quel point la bonne gestion était à l’ordre du jour ! Or cette énième mauvaise nouvelle dans le paysage de la presse est un épisode scandaleux de plus dans la déconfiture de Groupe Hersant Medias. Le petit empire qui a compté jusqu’à 27 titres, en métropole comme outre-mer, avec télévisions, radios et presse écrite, finit là de se désagréger. Tandis que Philippe Hersant continue de prospérer avec son petit groupe de presse en Suisse, protégé par son statut d’exilé fiscal, il a complètement abandonné un navire amiral en train de couler. » « Depuis la liquidation de la Comareg en 2011 (3 000 licenciements) à la mise en redressement judiciaire de 2 pôles (Paris Normandie en 2012, Nice-Matin actuellement), en passant par la vente d’actifs (dont Le Journal de l’Ile à La Réunion, Les Nouvelles

Calédoniennes, L’Union de Reims, L’Est-Eclair, L’Aisne Nouvelle) et la cession des Nouvelles de Tahiti, la catastrophe est permanente depuis 3 ans. Et que dire du rapprochement avorté avec Rossel dans le sud ou le mariage éphémère entre GHM et Tapie qui s’est achevé par un rapide divorce, l’ancien patron de l’OM récupérant la totalité de “La Provence”. Quand les pouvoirs publics, garants des aides à la presse, vont-ils bouger ? Quand aboutira l’enquête sur la présomption d’abus de biens sociaux ouverte sur les flux financiers entre le groupe, au bord de la liquidation fin 2012 et le golf familial de Nantilly  ? »

Liquidation programmée?

Le SNJ évoque la “Comareg” : 356 ex-salariés ont attaqué GHM devant les prud’hommes de Lyon, contestant la validité de leur licenciement et réclamant des dommages-intérêts (décision en février 2015). Depuis le rocambolesque “rapprochement” entre Tapie et GHM qui n’a duré que le temps d’effacer une dette colossale, avec l’absolution d’un pôle de 17 banques, le groupe est  pulvérisé en une myriade de petites sociétés “indépendantes”. Pour l’heure, l’entité France-Antilles Guadeloupe n’est pas en redressement judiciaire. Nous sommes donc obligés de  nous interroger sur les véritables objectifs de Philippe Hersant concernant le pôle Martinique-Guyane et nous voulons des réponses.

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